Vision sécurité routière à Gatineau

 

Objet :

 

Proposition de concept pour le développement d’un programme de sécurité routière intégré pour le territoire de la ville de Gatineau.                     

 

Avec 1.2 millions de morts par années sur les routes, la sécurité routière est devenue une priorité pour la santé publique sur la scène internationale. En 2004, l’Organisation Mondiale de la Santé a estimé que ce problème constituait dans les faits une des principales menace pour la santé publique, soulignant qu’une réponse organisée et systématique, à l’échelle planétaire, est maintenant absolument nécessaire.

 

On s’entend aujourd’hui pour dire que le problème est multidimensionnel et qu’il doit être abordé à l’aide d’une approche multidisciplinaire, de préférence intégrée. Diverses disciplines scientifiques telle que l’ingénierie, l’urbanisme, la psychologie ainsi que diverses sciences sociales ont emmagasiné des connaissances pointues sur le sujet au cours des dernières décennies. La stratégie actuelle consiste donc généralement à réunir ces approches et ces connaissances dans le développement et l’application de plans d’intervention généraux communément appelés Systèmes de Gestion de la Sécurité (SGS).  

 

Étant donné la dispersion des compétences entre les différents paliers de gouvernement, les disciplines d’intervention ont traditionnellement été employées de manière indépendante et non coordonnée, avec des succès très relatifs. De plus, il existe généralement un décalage significatif entre les connaissances scientifiques et les principes employés dans les programmes d’intervention. Ceci est particulièrement vrai en ce qui a trait aux programmes qui s’adressent aux conducteurs, par oppositions aux travaux d’ingénieries et aux standards qui régissent la construction des véhicules. Ces interventions ont en effet souvent été basé sur les intuitions et la bonne volonté des fonctionnaires qui en ont la responsabilité, davantage que sur les théories scientifiques et les règles de base qui régissent le comportement humain. Ces programmes sont par conséquents souvent orientés vers les mauvaises cibles et basé sur des stratégies inefficaces de modification du comportement. De plus, ils ne font que très rarement l’objet d’études évaluatives.

 

Devant ce besoin de réunir les domaines d’intervention, de les orienter vers les bonnes cibles et de les baser sur des théories et des modèles scientifiques, il existe actuellement une tendance franche vers le développement de SGS qui sont appliqués à divers niveaux organisationnels, que ce soit au sein d’entreprises de transport ou au niveau municipal, provincial et national. Un grand nombre d’états ont en effet adopté ce type d’approche, dont le Canada avec La Vision Sécurité Routière, un programme récurrent qui est mit de l’avant et administré par le Conseil Canadien de Administrateurs en Transport Motorisés (CCATM).

 


Les programmes intégrés de sécurité routière

 

Les SGS sont des programmes intégrés qui permettent de gérer les risques en matière de sécurité. Ils sont applicables à des organisations ayant divers niveau de complexité. La gestion de la sécurité routière au sein d’une municipalité comme la ville de Gatineau correspond tout à fait aux critères d’application. La commission recommande donc que la ville développe un programme intégré de sécurité routière qui corresponde aux principes des SGS. En bref, les principes de base sont les suivants :

 

Ø  L’adoption et la communication de politiques de sécurité routière fortes (ex. : notre vision est de faire de Gatineau la ville la plus sûre au Québec, ou au Canada);

Ø  L’adoption d’objectifs de sécurité routière mesurables (en termes de vitesses observées, d’infractions, de collisions avec blessés, pourcentage de réduction de la mortalité sur les routes, vision zéro, etc.);

Ø  L’attribution des rôles et responsabilités en matière de sécurité routière, incluant les élus, les fonctionnaires, et même ce qui est attendu de la population générale et des groupes à risque;

Ø  La nomination d’un cadre supérieur ou d’un chargé de projet ayant comme responsabilité de diriger un comité ou un département de sécurité routière qui administre le SGS (ce qui dépasse en englobe la notion d’ingénierie).

 

 

Ø  La ville doit être en mesure de suivre de près l’évolution des risques (vitesses observées, infractions, collisions avec blessés, mortalité sur les routes, sentiments d’insécurité de la population, etc.) afin de pouvoir réagir rapidement, au bon endroit et de la bonne manière;

Ø  La ville doit par conséquent avoir une conception systémique des interventions en sécurité routière et se doter de mécanismes d’interventions valides sur le plan scientifique pour modifier le comportement des conducteurs et diminuer les risques d’accidents.

Ø  Ceci implique principalement des interventions orientées vers les conducteurs (éducation, changement des attitudes et de la culture, communication de masse stratégique et efficace, ciblage des groupes à risque, marketing social, surveillance policière, etc.) et des interventions d’ingénierie (mesure d’atténuation de la vitesse, planification urbanistique, etc.); 

 

 

 

 

Les avantages

 

Avoir un programme intégré (SGS, Vision Sécurité Routière) à Gatineau permettrait :